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Expérimentation Expérimenter des coopérations Médoc

Axe 01 : Accompagner le développement de l’écopastoralisme en Médoc

Le Médoc est un territoire pionnier de l’écopastoralisme. Plusieurs ateliers visant à favoriser les collaborations inédites

Le nombre important d’initiatives concernant l’écopastoralisme identifié lors de la phase exploratoire témoigne d’une dynamique forte sur le territoire du Médoc. Les entretiens ont révélé que le Médoc est un territoire pionnier en matière d’écopastoralisme à l’image entre autres, des expériences menées par la Réserve Naturelle Nationale (RNN) de l’Etang de Cousseau et ceci dès les années 1980. Si certain.e.s acteur.rice.s (Conservatoire des races d’Aquitaine en particulier) rencontrés lors des entretiens sont bien identifiés et reconnus, ceux de la filière ne se semblent pas forcément se connaître. Ils sont par ailleurs demandeurs d’une mise en relation des personnes concernées par l’écopastoralisme.

Si ces pratiques sont d’abord nées dans l’espace clos des réserves, elles concernent également aujourd’hui les espaces vécus et du quotidien (gestion du territoire d’un syndicat de bassin-versant, d’espaces patrimoniaux reconnus, de terrains communaux…). Autrement dit, il n’y pas un mais des écopastoralismes. Ces pratiques ne sont pas figées : elles sont à la fois plurielles et évolutives. On peut les distinguer en fonction du type de bêtes élevées, du statut du foncier ainsi que par la nature de leurs modèles économiques. Elles produisent donc des paysages différents.

L’écopastoralisme touche tous les terroirs médocains (forêt et dunes littorales, marais et pâturage de la façade estuarienne, terrasses graveleuses viticoles…) mais reste que les surfaces concernées apparaissent relativement faibles. Or, étant donné la valeur ajoutée de telles démarches et l’impulsion des travaux déjà engagés par le futur Pnr en ce domaine, participer au renforcement et au développement de ce type d’activités agricoles lors des phases 2 et 3 de l’AMI semble pertinent.

Atelier au Fort Médoc à Cussac-Fort-Médoc le 15 mai 2019

Atelier au Fort Médoc à Cussac-Fort-Médoc le 15 mai 2019

Localisation des ateliers "écopastoralisme"

Atelier de mise en réseau des acteurs de l’écopastoralisme

Le 15 mai 2019 à Cussac-Fort-Médoc

Choix du lieu : L’atelier se déroulait dans un espace patrimonial géré par des pratiques d’écopastoralisme.

Objectifs :

  • Consolider les connaissances sur l’écopastoralisme en Médoc
  • Souder une communauté de pratique et d’intérêts autour de l’écopastoralisme en Médoc
  • Identifier les levier et obstacles au développement de l’écopastoralisme en Médoc
  • Identifier des enjeux partagés pour bâtir des actions concrètes

Participants :

Une vingtaine de parties prenantes de l’écopastoralisme : Eleveurs, gestionnaires d’espaces naturelles, propriétaire fonciers et domaines viticoles, associations partenaires, collectivités locales et élus.

Déroulement de l’atelier :

1. Accueil et présentation des participants :

A leur arrivée, les participant·e·s sont accueillis en extérieur autour d’un café. Ils choisissent un badge parmi 4 proposés (éleveur·se·s, associations, collectivités, gestionnaires ENS) en y inscrivant leur nom pour faciliter les présentations. Une fois l’atelier introduit par les membres de l’équipe de l’AMI, les participant·e·s se rassemblent en cercle avec pour consigne, à l’aide de fils de laine, de tisser un lien entre eux et les participant·e·s avec qui iels travaillaient déjà. Une fois leurs liens tissés et entremêlés, chacun·e d’eux s’est présenté de façon plus détaillée en indiquant sa fonction, ses collaborateur·rice·s et ses liens avec l’écopastoralisme.

Exercice du fil de laine pour identifier les réseaux d’affinités autour de l’écopastoralisme

Exercice du fil de laine pour identifier les réseaux d’affinités autour de l’écopastoralisme

Présentation des résultats de l’enquête de terrain et des entretiens menés en 2018
Présentation des résultats de l’enquête de terrain et des entretiens menés en 2018
2. Partage de Connaissance

De retour en salle, les résultats de l’enquête de terrain et des entretiens menés en 2018 sont présentés par l’équipe de l’AMI et soumis aux réactions et remarques de l’assemblée d’acteurs présents. Les intentions de l’équipe de constituer un réseau d’acteur·rice·s actifs sur l’écopastoralisme en Médoc en commençant par la construction du contenu d’un document de synthèse diffusable sur ces pratiques est également mis en discussion.

3. Échanges entre les participants

Les participant·e·s sont ensuite répartis en trois sous-groupes. Les échanges sur chaque table sont orchestrés par un animateur·rice·. Les participant·e·s ont le loisir d’appuyer leurs propos sur une sélection de photos représentant une certaine diversité des pratiques de l’écopastoralisme. L’identification des enjeux de l’écopastoralisme et des leviers d’action possibles se fait par la recherche de mots-clés partagés qui sont ensuite modélisés et projetés en direct dans la salle.

Nuage de mots sur les enjeux et les leviers d’action de l’écopastoralisme

Nuage de mots sur les enjeux et les leviers d’action de l’écopastoralisme

Démonstration de dressage de chiens de troupeaux sur les espaces extérieurs du Fort

Démonstration de dressage de chiens de troupeaux sur les espaces extérieurs du Fort

4. Démonstration et échange de contacts

Pour conclure l’atelier, l’association Médoc Laine s’est adonnée à une démonstration de dressage de chiens de troupeaux. Ce temps plus informel dans son animation a permis pour certaines personnes de poursuivre leurs échanges initiés en salle, pour d’autres de faire plus ample connaissance et pour quelques-un·e·s de s’échanger des contacts pour éventuellement travailler ensemble.

Résultats : Des pistes de travail pour un chantier pilote

A l’issue de cet atelier, trois pistes de travail se sont dégagées en relation avec trois thèmes.

Sur celui de la « connaissance et la communication », l’enjeu est de donner à voir la diversité et la réalité de ces pratiques et de communiquer auprès des institutions, des associations, des habitant·e·s et de tous ceux qui pourraient participer à développer l’écopastoralisme en Médoc.

Sur la question du « foncier », il est apparu évident de favoriser la mise en relation des éleveur·se·s et des propriétaires fonciers qui pourraient faire appel à l’écopastoralisme. Autrement dit, il convient de disposer d’une plateforme où puissent se rencontrer l’offre et la demande.

Enfin, concernant la « filière », si l’objectif premier de l’activité n’est pas économique, cela ne doit pourtant pas empêcher de développer les débouchés économiques de la production issue de l’écopastoralisme (viande exclusivement) pour en valoriser la qualité et les singularités d’ores et déjà connue et reconnue en Médoc.

Retour d’expérience :

Parmi les animations les plus marquantes, nous pouvons retenir le recours au jeu des pelotes de laines qui a été particulièrement pertinent pour illustrer et donc interroger les liens mais aussi les absences de relations entre les acteurs dans le cadre de l’atelier de mise en réseau. Lors de ce même atelier, la clôture sous la forme d’une démonstration de chiens de berger sur le site du Fort Médoc à Cussac a été l’occasion de terminer notre réunion de manière conviviale et de commencer à initier les premiers échanges entre acteur·rice·s.

Source complémentaire : https://www.pnr-medoc.fr/actualites-pays-medoc/2019/06/26/atelier-de-reflexion-sur-l-eco-pastoralisme-en-medoc.html

Chantiers pilotes sur l’écopastoralisme en Médoc

Sur la base des trois pistes de travail dégagées précédemment, il est rapidement décidé de faire jouer au Pnr un rôle central de pivot dans l’animation et la mise en œuvre des actions de ce chantier pilote. En effet, produire des connaissances, animer un groupe d’acteur·rice·s et de projet, jouer un rôle d’intermédiaire et de facilitateur au sein de ce groupe : toutes ces compétences font partie de l’ADN du Pnr et existent déjà dans l’équipe. Lors de cette troisième phase, il s’agit en particulier de tester le rôle d’animateur du Pnr d’une cellule de projet consacrée à l’écopastoralisme. Dans cette perspective, deux pistes prennent la forme de deux actions concrètes à explorer. L’une sur la « connaissance et la communication » sous la forme d’un document de connaissances éditable et diffusable. L’autre sur le « foncier » et la mise en relation de l’offre (éleveur·se·s) et la demande (propriétaires) à travers l’organisation d’un événement dédié.

Mise en chantier : Livre Blanc de l’écospastoralisme en Médoc

L’un des rôles du Pnr Médoc est d’être une plateforme en matière de conseil et de sensibilisation sur la préservation et la gestion des paysages. Dans cette perspective, le Pnr s’est lancé dans la rédaction et la publication d’une série thématique de « Livres blancs » qui, tels que décrits par le Parc, ont « vocation à donner des clés et des outils aux collectivités, aux aménageurs, ou aux particuliers sur toute une série de sujets liés à l’aménagement et au cadre de vie ».

Sur la base de cette dynamique de projet déjà engagée par le Pnr, il est décidé qu’après un premier tome consacré à l’urbanisme, le second tome de cette série serait consacré à l’écopastoralisme en tant qu’outil de gestion agro-écologique des espaces naturels mais aussi des territoires vécus et des paysages du quotidien. Dans cette perspective, les connaissances issues des précédentes investigations de terrain sont réunies et organisées au sein d’un seul et même document. Celui-ci établit un diagnostic des pratiques d’écopastoralisme en Médoc : types de paysages générés par la pratique d’écopastoralisme, cartographie des initiatives médocaines, description des projets, typologie des pratiques, annuaire des acteur·rice·s locaux, bibliographie… Autant de connaissances utiles pour mettre en place un vrai projet d’écopastoralisme médocain.

Mise en chantier : Rencontres professionnelles de l’écopastoralisme en Médoc

Le 16 décembre 2019 dans la Salle des fêtes de Cussac-Fort-Médoc

Objectifs :

L’un des premiers levier de développement de l’écopastoralisme identifié lors de l’atelier précédent est l’accès au foncier paturable. Cet atelier visait donc à l’activer en mettant en relation des propriétaire fonciers et des éleverus qui pourrait fournir des services d’entretien d’espace vert par écopaturage.

Participants :

Une trentaine d’éleveurs et d’éleveuses et de propriétaires fonciers.

Déroulement :

L’animation de cet atelier s’est inspirée de la méthode du « speed dating » ou de la « rencontre minute ». Le dispositif est simple. Dix tables sont disposées en cercle dans la salle. En son centre est installé un poste d’animation et de restauration libre d’accès pendant le temps de l’animation. A chacune des dix tables, un éleveur ou éleveuse est installé·e. Sous la forme d’entretiens courts d’une durée de 7 minutes, les propriétaires fonciers tournent d’une table à une autre afin de rencontrer l’ensemble des éleveur·se·s.

Un dernier temps convivial autour du buffet sert à approfondir et à préciser les liens engagés lors des précédentes discussions par l’échange de numéros de téléphones et autres cartes de visite.

Atelier sous la forme d’un speed dating dans la salle des fêtes de Cussac-Fort-Médoc

Atelier sous la forme d’un speed dating dans la salle des fêtes de Cussac-Fort-Médoc

Retour d’expérience :

L’organisation des premières rencontres professionnelles de l’écopastoralisme en Médoc a consolidé la mise en réseau de l’atelier précédent.

Le mode d’animation sous forme de speed dating a été plébiscité par tous les participant·e·s. Face à ce succès, le PNR souhaite renouveler rapidement l’expérience.

Source complémentaire : https://www.pnr-medoc.fr/actualites-pays-medoc/2019/12/18/les-premieres-rencontres-de-l-ecopastoralisme-en-medoc.html

Perspectives d’actions du PNR sur l’écopastoralisme

Améliorer et diffuser la connaissance sur l’écopastoralisme en Médoc
La constitution d’un livret de « matériaux » sur l’écopastoralisme en Médoc a servi au cours de l’AMI à capitaliser sur l’ensemble des contacts, connaissances, initiatives recensées durant toutes les étapes d’investigation, de mise en réseau, puis de micros-chantiers du projet. Mais au-delà de constituer un simple récapitulatif des informations récoltées, ces matériaux assemblés seront mis en page, dans la collection des « livres blanc du paysage » déjà édités par le Pnr sur d’autres thématiques (et prévus par la Charte) afin de constituer un véritable vade-mecum de l’écopastoralisme. Réunis en 2019 grâce à l’AMI, les acteurs de l’écopastoralisme ont en effet fortement exprimé le besoin d’un outil de référence, à mettre entre les mains des institutions ou des partenaires, voire du grand public, pour expliquer des pratiques, illustrer leur plus-value écologique, faire connaître des acteurs, et aider au développement de l’écopastoralisme par une amélioration de sa compréhension. L’objectif est qu’un tel ouvrage serve à communiquer auprès de tous les acteurs de l’aménagement du territoire (élus, services de l’Etat, techniciens des collectivités locales, Chambre d’Agriculture, ODG…), des propriétaires privés et exploitants agricoles/viticoles, des lycées agricoles, des associations, etc. Dans le même temps, la rédaction de ce « Livre blanc » devra également constituer une occasion et un outil pour poursuivre de manière collaborative le travail initié avec les acteurs concernés par l’écopastoralisme lors des phases 1 et 2.
Développer la connaissance sur les pratiques et les métiers de l’écopastoralisme
Un des axes de travail également évoqué avec les acteur·rice·s du pastoralisme tient à une amélioration de la connaissance des métiers impliqués. Besoins des éleveur·se·s (accès à l’eau, bâtiments, type de terrain, barrières temporaires, etc.), impératifs des gestionnaires d’espaces naturels (accessibilité pour le public de certaines zones, etc.), aspects techniques et gestion des parcelles viticoles, sont parfois méconnus des un·e·s et des autres, au détriment du développement de cette pratique du pastoralisme en Médoc. Capitaliser ces éléments de connaissance serait une possibilité à court terme pour le PNR afin de renforcer la compréhension des acteur·rice·s envers une pratique trop souvent idéalisée (« il suffit de mettre des moutons »). Ce travail pourrait également alimenter le livre blanc.
Poursuivre la mise en lien de l’offre et de la demande par des rencontres professionnelles
L’organisation des premières rencontres professionnelles de l’écopastoralisme a constitué un premier test et exemple d’une réponse que le Parc naturel régional a su apporter pour répondre au besoin exprimé par les acteur·rice·s de l’écopastoralisme d’être mis en relation. Le succès du format imaginé dans le cadre de l’AMI (speed-dating) et les nombreux retours très positifs des participants éleveur·se·s et propriétaires à cette soirée, encouragent le Syndicat mixte du Parc naturel régional à envisager la reconduite (annuellement a minima) de ce dispositif, voire à l’étendre à d’autres sujets d’intervention du Parc sur lesquels la question de la mise en relation d’acteur·rice·s est recherchée.
Développer le rôle du Syndicat mixte du Pnr de médiateur et de facilitateur
Dans la continuité des rencontres professionnelles de l’écopastoralisme, le Syndicat mixte du Parc pourra envisager la mise en place dans les années à venir d’un dispositif plus systématique et de plus grande ampleur pour améliorer la mise en relation de l’offre et de la demande (entre éleveur·se·s et propriétaires), en développant par exemple une bourse au foncier agricole ou un outil de ce type. Plusieurs Pnr ont par exemple déjà mis au point des sites recensant les lots disponibles sous la forme d’une plateforme numérique avec photographies et contact du propriétaire. Ces bases de données ont un coût de mise en œuvre important, toutefois ils sont très utiles pour dynamiser les reprises ou les extensions d’exploitation, dans des logiques de renforcement de filière et sont donc à intégrer dans les perspectives opérationnelles de la structure à plus long terme.
Aider les acteurs de l’écopastoralisme à susciter des vocations
Un autre des constats intéressants soulevés par les acteur·rice·s rencontré·e·s en Médoc relève de la formation des jeunes aux métiers du pastoralisme. Peu de jeunes s’engagent en effet dans les formations disponibles ou alors y viennent avec de fausses représentations sur les réalités et le quotidien de l’éleveur.se. D’où l’intérêt exprimé par un certain nombre d’éleveur·se·s de travailler aussi sur la valorisation et la communication autour des pratiques. A moyen terme, il n’est pas évident que le Parc naturel régional puisse intervenir sur cet enjeu mais des rencontres et échanges avec le secteur éducatif peuvent être envisagés (lycées agricoles par exemple).